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« Mauvaise mère » : lâchez prise et déculpabilisez enfin !

« Mauvaise mère » : lâchez prise et déculpabilisez enfin !

« Mauvaise mère » : lâchez prise et déculpabilisez enfin !

Selon une étude internationale récente, menée notamment par la chercheuse belge Isabelle Roskam, entre 5 et 12% des mères seraient victimes d’un burn-out. En cause ? Une culture occidentale centrée sur la famille nucléaire au détriment du collectif, mais aussi les innombrables injonctions sociétales qui nous laissent volontiers penser que nous pourrions être une « mauvaise mère ».

« Mauvaise mère » : le poids des injonctions et de la solitude

Aujourd’hui, en tant que mamans, nous sommes submergées par quantité de discours destinés à nous apprendre comment être une « bonne mère », voire comment incarner la « mère parfaite ». Ces attentes sociétales impliquent qu’une « mère bienveillante », proximale, se montre infaillible dans tous les domaines : elle devrait être une experte en portage, lui mettre des couches lavables, cuisiner ses petits pots, suivre tous les préceptes de Maria Montessori ou encore répondre dans l’instant à tous les besoins de son bébé.

Lorsqu’une femme devient mère, elle devrait parvenir à mettre de côté l’éducation individualiste qu’elle a reçue, qui l’encourageait à poursuivre son épanouissement personnel à la recherche du bonheur, pour se consacrer corps et âme à son nouveau rôle. C’est vrai : la maternité a bousculé tout ce nous avions toujours connu et appris. Nous qui étions libres de tout ce que nous voulions quand nous le voulions, de partir en voyage sur un coup de tête, devons maintenant faire passer nos besoins au second plan.

Pour couronner le tout, devant cette immense remise en cause de notre mode de vie, nous nous sentons généralement bien seules. Alors qu’auparavant, les enfants étaient élevés avec l’appui de la collectivité, ce que l’on appelle aujourd’hui communément « le village », le fonctionnement social de notre époque et de notre culture érige les parents en seuls éducateurs. Si l’on ajoute à tout ceci les disparités encore très présentes entre responsabilités paternelles et maternelles, il y a de quoi perdre pied…

« Mauvaise mère » : le problème des adjectifs

Alors même que nous sommes particulièrement vulnérables et avons déjà tendance (avouons-le !) à nous autoflageller, nous sommes également régulièrement la cible de ce qu’on nomme le parent shaming. L’entourage, les amis et les autres parents y vont chacun de leurs petites remarques et recommandations, sans doute motivées par de bonnes intentions, mais profondément culpabilisantes lorsqu’elles s’additionnent alors qu’elles ne sont pas sollicitées.

Et la culpabilisation commence dès lors qu’on accompagne le mot « mère » d’un adjectif. En effet, chaque adjectif sous-entend que son pendant opposé est aussi une réalité. S’il y a des « bonnes mères », alors d’autres sont de « mauvaises mères » ? S’il y a des « mères bienveillantes », alors certaines sont inévitablement « malveillantes » ? Entourer le mot « mère » d’un adjectif (quel qu’il soit) entraîne obligatoirement une notion de jugement sur cette fonction, là où il ne devrait jamais y en avoir. Cela conduit aussi les mamans vers une idée utopique de leur rôle de « mère parfaite », « bonne mère », etc.

En tentant d’être à la hauteur de ces idéaux, nous nous lançons dans une mission impossible. Cette énorme pression nous mène aujourd’hui au burn-out, et les couples au divorce. En créant Fée Dodo, j’ai voulu amener à une libération des adjectifs et des injonctions, pour permettre à tous les parents de sortir définitivement de leur tête qu’il existe des « mauvaises mères ».

Votre chemin actuel est exactement le bon pour vous !

Le rôle de mère est avant tout un nouveau rôle à découvrir, auquel aucun adjectif ne devrait être accolé. Être mère, c’est tout simplement vivre chaque instant avec notre enfant du mieux que nous le pouvons, pour nous et notre bébé. Chez Fée Dodo, nous défendons l’idée que chaque chemin est acceptable, et que celui de chaque parent est le bon à chaque moment. Telle que nous sommes en cet instant précis, avec cet enfant, ce couple, nous sommes mère. Nous aurons d’ailleurs la possibilité de faire évoluer ce rôle jour après jour, instant après instant, avec ce bébé et peut-être le prochain. La seule chose dont nous avons besoin en tant que mère, c’est d’être soutenue sur notre propre chemin.

Quoi que nous fassions, quels que soient nos choix parentaux, quelqu’un les critiquera. Moi-même, jeune maman, j’ai voulu incarner cet idéal de la mère maternante jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la dépression et même jusqu’au regret maternel. J’ai également moi-même été soumise à tous ces conseils non-sollicités de mon entourage. Aujourd’hui, je voudrais vous partager la solution imaginée par mon mari pour contrer ces agressions externes stressantes qui nous empoisonnaient la vie. Cela s’est révélé réellement salvateur pour moi.

À ces remarques de type « Mais laisse-le pleurer ! », « Mais cet enfant a faim ! », « Tu ne devrais pas toujours l’avoir dans les bras », « Le porter en écharpe n’est pas bon », « Avec l’allaitement, elle ne grossira pas assez », « Tu es sûre qu’elle n’a pas froid, là ? », « Attention, elle va se faire mal ! », nous avons décidé de répondre systématiquement, avec le plus grand sérieux : « Vous avez raison. Nous sommes de mauvais parents ». La plupart du temps, notre réponse déstabilisait et provoquait des excuses. Si ces personnes insistaient et se justifiaient, alors nous nous contentions de réaffirmer à quel point nous étions d’accord avec elles sur notre incompétence parentale, et nous répétions avec le même sérieux : « Mais oui, vous avez raison, nous sommes de mauvais parents ».

Je vous assure que, de cette manière, votre entourage réfléchira davantage aux réflexions qu’ils formulent autour de vous. Poser de tels mots est aussi bénéfique pour nous-mêmes : ils permettent de prendre un recul bienfaisant, de percevoir les choses avec humour et d’assumer nos décisions. C’est un grand pas pour, enfin, sortir de l’idéal d’une « mère parfaite » ou d’une « parentalité parfaite » et vivre notre maternité/parentalité sur notre propre chemin… parfaitement imparfait.

Caroline Ferriol – Fondatrice de Fée Dodo