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Ceci est un article bonus en lien avec un QRcode du livre de Caroline Ferriol « Le Grand Guide du sommeil de mon bébé ». Le guide de référence pour comprendre le sommeil de votre enfant, de la naissance à 3 ans.
Si votre enfant adopte un comportement anormal qui vous inquiète la nuit (il se met à hurler, il vous appelle, il grince des dents, il marche en dormant…), il souffre probablement d’une parasomnie. Il s’agit de manifestations comportementales survenant pendant le sommeil ou lors de la transition veille-sommeil. Assez courantes chez les enfants du fait de l’immaturité de leur sommeil, elles n’en sont pas moins impressionnantes et déstabilisantes pour les parents.
Il me semblait important de vous les expliquer afin de comprendre ce qui se joue pour votre enfant lorsqu’il fait face à une parasomnie, et de savoir comment réagir.
Il existe plus de 80 types de parasomnies : j’ai choisi d’en aborder les plus fréquentes chez l’enfant, classifiées selon les phases de sommeil au cours desquelles elles surviennent.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une parasomnie chez l’enfant ?
- Les parasomnies du sommeil lent profond (troubles de l’éveil)
- Comment agir face aux parasomnies du sommeil profond
- Les parasomnies du sommeil paradoxal
- Les parasomnies de la transition veille-sommeil
- Les autres parasomnies de l’enfant
- Quel traitement pour une parasomnie enfant ?
- Quand consulter un médecin ?
- FAQ – Les parasomnies de l’enfant
L’essentiel à retenir
- Une parasomnie chez l’enfant est un comportement anormal pendant le sommeil. Il en existe plus de 80 types, classés selon la phase de sommeil concernée.
- Les parasomnies du sommeil profond (somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels) surviennent en début de nuit et sont surtout liées à un manque de sommeil.
- Les cauchemars apparaissent à partir de 18-24 mois, en fin de nuit. Ils sont liés au sommeil paradoxal et peuvent traduire un trop-plein émotionnel.
- L’énurésie ne se diagnostique qu’à partir de 5 ans révolus. Avant, il s’agit simplement d’une maturation vésicale en cours.
- Le levier principal pour la majorité des parasomnies est l’optimisation du sommeil : siestes, coucher plus tôt, moins de stress et d’écrans.
- Ne réveillez jamais un enfant en pleine parasomnie du sommeil profond : restez à proximité, sécurisez l’environnement, et attendez que la crise passe.
- Consultez un médecin si les parasomnies sont fréquentes, intenses, persistantes ou s’accompagnent d’autres symptômes.
Qu’est-ce qu’une parasomnie chez l’enfant ?
Une parasomnie chez l’enfant désigne l’ensemble des manifestations comportementales anormales qui surviennent pendant le sommeil ou aux périodes de transition entre veille et sommeil. Ces phénomènes sont particulièrement fréquents chez les jeunes enfants en raison de l’immaturité de leur système de sommeil : leur cerveau est encore en cours de structuration, ce qui peut donner lieu à des manifestations parfois spectaculaires.
Les parasomnies se distinguent des autres troubles du sommeil par leur caractère épisodique : votre enfant dort, et son comportement (cris, mouvements, paroles…) survient au cours du sommeil sans qu’il en ait conscience.
Elles sont classées en trois grandes catégories selon la phase de sommeil concernée :
Les parasomnies du sommeil lent profond : somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels.
Les parasomnies du sommeil paradoxal : cauchemars, paralysies du sommeil.
Les parasomnies de la transition veille-sommeil : rythmies, hallucinations hypnagogiques.
À cela s’ajoutent des parasomnies « autres » comme l’énurésie, le bruxisme, la somniloquie ou les crampes nocturnes. Voyons-les en détail.
Les parasomnies du sommeil lent profond (troubles de l’éveil)
Elles surviennent pendant la première partie de nuit, moins de 3 heures après le coucher, au moment où l’enfant (mais aussi l’adulte) récupère de sa fatigue physique. Ces parasomnies sont particulièrement présentes chez les jeunes enfants qui plongent dans un sommeil très profond en raison de la grande maturation cérébrale liée à leur âge.
Il s’agit parfois aussi de compenser le manque de sommeil de jour (dû à la disparition ou à la réduction trop précoce des siestes). Les trois parasomnies principales du sommeil lent profond sont le somnambulisme, les terreurs nocturnes et les éveils confusionnels.
Le somnambulisme chez l’enfant
Les manifestations sont facilement identifiables : l’enfant marche, a les yeux ouverts mais ne semble pas voir ce qui l’entoure, il peut chercher quelque chose ou suivre un but qu’il s’est donné comme prendre une douche tout habillé. Dans les cas extrêmes et les plus inquiétants, il peut se mettre à hurler, chercher à fuir et se mettre en danger : on parle alors de somnambulisme terreur. Dans les deux cas, le lendemain, l’enfant n’en garde aucun souvenir.
Comment réagir face au somnambulisme ?
Si votre enfant présente des signes de somnambulisme, la première chose à faire est de sécuriser l’environnement pour éviter tout danger : installer une barrière en haut des escaliers, éviter les lits hauts et les mezzanines, bloquer les ouvertures (fenêtres, porte d’entrée), vérifier qu’il n’a aucun objet dangereux à portée de main pendant son sommeil. Il est important également de comprendre que votre enfant, malgré les signes qui laissent penser le contraire, est en plein sommeil et non conscient de ce qui se passe autour de lui. Le réveiller risque de le désorienter et de l’effrayer. Vous pouvez par contre le raccompagner vers son lit sans chercher à le raisonner, en lui donnant des consignes simples.
Comment diminuer les crises de somnambulisme ?
Respecter un temps de sommeil régulier, de jour comme de nuit, peut diminuer de manière considérable les crises, voire les faire disparaître complètement. Si votre enfant ne fait plus de sieste, réintroduisez-en une sur l’heure de midi. En agissant ainsi, vous limitez les risques qu’il plonge dans un sommeil trop profond pour récupérer un manque de sommeil chronique.
Vous pouvez aussi télécharger notre fiche pratique sur le rituel du coucher pour aider votre enfant à mieux s’endormir.
Les éveils confusionnels chez l’enfant
Assez similaires au somnambulisme, les éveils confusionnels s’en distinguent par une désorientation de l’enfant. Pendant ce phénomène, il peut grogner, pleurer, s’agiter ou encore se débattre. Ces crises peuvent ne durer que quelques minutes ou plus d’une heure.
Les éveils confusionnels sont potentiellement assez fréquents entre 3 et 6 ans, notamment pendant les périodes de grandes acquisitions ou suite à des événements familiaux marquants, mais aussi pendant les périodes de fièvre ou de manque de sommeil.
L’enfant n’est pas réveillé au sens strict : il est dans un état intermédiaire, déconnecté de la réalité, et n’aura aucun souvenir de l’épisode au matin.
Les terreurs nocturnes chez l’enfant
Les terreurs nocturnes sont totalement différentes des cauchemars, même si elles sont souvent assimilées et font très peur aux parents. Les terreurs nocturnes sont le signe d’une trop grande fatigue : au premier cycle de sommeil, l’enfant est tellement fatigué qu’il plonge en sommeil très profond. Ce phénomène est donc principalement dû à un déficit de sommeil de jour : si votre enfant fait des terreurs nocturnes, je vous encourage à comprendre qu’il manque de sommeil de manière importante, et qu’il est certainement un long-dormeur avec une grande sensibilité. Le stress peut alors être un facteur déclencheur de ces perturbations nocturnes.
Les terreurs nocturnes se manifestent ainsi : l’enfant est « raide », il peut hurler, être très violent et agité, avoir les yeux ouverts, se déplacer, repousser le parent. Néanmoins, il est complètement inconscient. Le fait que le parent approche ne change rien à son attitude. Votre enfant n’est pas en mesure de capter votre présence : il dort. Très impressionnantes pour le parent, elles ne sont pas dangereuses : tout va bien. Par contre, pour les mêmes raisons que le somnambulisme, il sera important de ne pas réveiller votre enfant.
Pour aller plus loin : découvrez La Fée des rêves de grands, notre programme vidéo dédié aux enfants de plus de 18 mois, pour apaiser les couchers grâce à un cadre serein et sécurisant

Comment agir face aux parasomnies du sommeil profond
La nuit :
- Rester à distance, de manière discrète, et veiller simplement à ce qu’il ne se fasse pas mal (agir si besoin). Étant donné que votre enfant est inconscient, la terreur nocturne peut être très violente pour lui dans son corps.
- Rester tout le temps de la « crise », jusqu’à ce que votre enfant se rendorme de manière paisible. Cela peut durer parfois très longtemps, jusqu’à une heure ou une heure et demie.
- Je vous encourage à rester le plus calme possible. Pour votre enfant, tout va bien : votre rôle est simplement de lui permettre de passer cet épisode sans se cogner ni se réveiller.
La journée :
- Rétablir du sommeil de jour (siestes) en beaucoup plus grande quantité.
- Reproposer un temps de sieste de 45 minutes minimum après le repas à un enfant grand (ou ne faisant plus de siestes). Faire prolonger les siestes d’un plus petit qui ne ferait pas 2 h 30 de sieste.
- Diminuer de manière importante toutes les sources de stress.
- Faire très attention aux écrans, les diminuer (ou couper) et les mettre à distance du sommeil d’au moins 2 heures.
- Proposer un coucher du soir plus tôt, voire même beaucoup plus tôt. Il est vraiment essentiel d’avoir conscience que votre enfant est en grand manque de sommeil. Il a potentiellement besoin de nuits de 12, 13 ou 14 heures s’il n’a pas la possibilité de faire des siestes.
- Parler avec votre enfant afin d’identifier des sources de stress qui vous seraient inconnues (école, événement difficile, etc.) et de les résoudre.
Règles d’or valables pour les 3 parasomnies du sommeil lent profond :
- Ne pas chercher à intervenir
- Ne pas le réveiller
- Accepter de ne rien faire
Les parasomnies du sommeil paradoxal
Les cauchemars de l’enfant
Les cauchemars concernent souvent les enfants plus grands : il est communément admis qu’ils n’apparaissent pas avant 18 mois ou 2 ans, âge où ils sont capables de les verbaliser. Peut-être les petits en font-ils déjà avant cet âge, mais les études n’ont pas encore permis de le démontrer.
Il y a une différence importante entre les mauvais rêves et les cauchemars. Les mauvais rêves sont normaux, voire même importants dans la gestion du développement de l’enfant et de l’adulte. Via eux, nous gérons et évacuons tout notre stress de la journée et toutes nos angoisses. Les mauvais rêves ne nous réveillent pas : vous verrez peut-être votre enfant agité, mais c’est tout à fait constitutif. Les cauchemars, par contre, sont si puissants qu’ils coupent le sommeil et créent un éveil. Ils sont un signe qu’il y a eu « trop » à gérer pour le cerveau.
Les cauchemars apparaissent plutôt en deuxième partie de nuit (à partir de 3 heures du matin) et sur le petit matin, car la proportion de sommeil paradoxal est plus importante en fin de nuit : c’est la phase durant laquelle ils sont susceptibles d’apparaître. Il sera donc excessivement rare d’avoir des cauchemars avant 2 heures du matin.
Faire un cauchemar de temps en temps est normal. Néanmoins, les cauchemars trop récurrents, chez l’adulte ou chez l’enfant, sont plus interpellants : ils peuvent signifier trop de stress en journée, de surstimulation, de changements, de phobies ou encore de sollicitations. Cette alerte est vraiment à prendre en compte.
Que faire en cas de cauchemars ?
- Ne pas nier la peur de l’enfant ou la minimiser. Votre enfant a bien eu peur.
- Se rendre auprès de son enfant, le câliner et lui proposer de raconter le cauchemar. Attention : certains enfants qui font un cauchemar et semblent se réveiller ne vont pas être réellement en éveil. Vous pouvez venir lui parler depuis la porte de sa chambre : « Ça va mon chéri ? Chhhht… ». S’il vous répond, c’est qu’il est vraiment réveillé.
- S’il est bien réveillé : lui indiquer que tout va bien, que papa et maman sont là, qu’il est en sécurité, à la maison et dans son lit. Lui expliquer que c’était un mauvais rêve. Je vous invite à poser des mots réels pour lui, sans minimiser ses ressentis : « Ah oui, là tu as eu peur, c’est ton cerveau qui a inventé des choses. Tu es bien à la maison, avec papa et maman, tu es en sécurité dans ton lit, tout va très bien. Tu veux me raconter ? ».
- Quand il a terminé, lui proposer de penser à une image positive, qu’il aime, pour lui permettre de se rendormir avec une idée agréable (faire un peu de sophrologie).
- Lui dire « bonne nuit » et le laisser se rendormir tranquillement.
Et la journée :
- Expliquer à l’enfant ce qu’est un cauchemar, que c’est le fruit de son imagination. Il existe des livres pour les tout-petits qui parlent des mauvais rêves.
- Si le cauchemar avait trait à un loup ou un monstre, lire des livres sur le sujet peut aider à passer la peur du moment et à la verbaliser.
- Si votre enfant a des phobies et des cauchemars récurrents, je vous invite vraiment à vous rapprocher d’un pédopsychiatre : il y a peut-être quelque chose de plus profond à sortir pour votre petit.
- Poser des questions sur ce qu’il n’aime pas en ce moment, à l’école, chez la nounou, etc.
- Diminuer au maximum les sources de stress et favoriser un quotidien plus routinier.
- Faire très attention aux écrans. Je préconise avant tout de les supprimer s’il y en a.
Les paralysies du sommeil
Complètement anodines mais non moins angoissantes, les paralysies du sommeil se produisent à la lisière de l’éveil, en fin de sommeil paradoxal. Alors que le cerveau se réveille, le tonus musculaire est encore endormi. L’enfant complètement conscient souhaite alors se mettre en mouvement sans que son corps lui réponde. Si votre enfant vous évoque ce genre de phénomène, je vous encourage à le rassurer et à lui expliquer simplement que son corps dormait encore.
Les parasomnies de la transition veille-sommeil
Les rythmies du sommeil
Vous avez peut-être pu observer votre enfant se balancer longuement au moment de l’endormissement ou se cogner la tête sur les barreaux de son lit. Il s’agit d’un acte banal et relativement fréquent chez les enfants, dû à une baisse de vigilance associée à la période de transition veille-sommeil. Ces comportements concernent majoritairement les enfants entre 6 mois et 4 ans pour disparaître à l’âge de 4 à 5 ans. Les rythmies peuvent parfois être tellement violentes qu’il est probable que le lit de votre petit se retrouve déplacé de quelques centimètres.
La cause étant majoritairement imputée à un temps trop long passé dans son lit, vous pouvez tout simplement retarder l’heure de son coucher en repérant en amont l’heure de son endormissement spontané. Je vous conseille également de matelasser les pourtours du lit pour diminuer le bruit et éventuellement fixer le lit au sol pour empêcher son déplacement.
Les hallucinations du sommeil
Plus fréquentes chez les 6-15 ans. Autrement appelées illusions d’endormissement ou hallucinations hypnagogiques, il s’agit de phénomènes assez communs qui s’expliquent au niveau neurologique. Si pour beaucoup elles passent inaperçues, elles peuvent néanmoins créer des angoisses chez certains enfants. À la différence des cauchemars qui surviennent en milieu / fin de nuit, les hallucinations se produisent au moment de l’endormissement, lorsqu’il y a une baisse de la vigilance : l’enfant est donc encore réveillé et conscient.
Leurs manifestations peuvent être variées, la plus fréquente étant le sursaut survenant lors de l’endormissement, provoqué par une détente musculaire brutale donnant la sensation de tomber dans le vide. Mais les troubles peuvent également prendre la forme d’hallucinations sonores, visuelles (formes étranges, images…) ou encore tactiles (chatouillis, gratouillis…). Et la précision de l’illusion, même si elle ne dure que quelques secondes, peut donner l’impression à votre enfant qu’elle est bien réelle et créer une peur au moment du coucher.
S’il vous appelle, votre enfant a besoin de se sentir en sécurité et d’entendre que tout va bien. En expliquant simplement les choses à votre enfant et en prenant le temps qu’il faut pour l’aider à retrouver son calme, vous éviterez que ces illusions ne se transforment en angoisse systématique au moment du coucher.
Les autres parasomnies de l’enfant
L’énurésie
Entre 2 et 3 ans, l’acquisition de la propreté se fait progressivement sur la journée mais peut prendre plus de temps pour la nuit. Si certains enfants sont propres jour et nuit à partir de 3 ans, d’autres le seront vers 5 ans : cela va dépendre en partie du contrôle des sphincters durant la nuit (dont l’enfant n’est pas responsable), et qui se met en place progressivement avec l’âge. On ne va donc pas parler d’énurésie à proprement parler avant l’âge de 5 ans révolus.
L’énurésie concerne (1) :
- 49 % des enfants entre 3 et 4 ans
- 11 % des enfants entre 5 et 7 ans
- 2 à 3 % à l’adolescence
Il s’agit donc de déterminer dans un premier temps si votre enfant souffre d’énurésie primaire (75 à 85 % des cas), c’est-à-dire qu’il n’a jamais été propre, ou d’énurésie secondaire s’il a déjà été propre pendant plusieurs mois et recommence à faire pipi.
Dans le cas de l’énurésie primaire, il s’agit principalement d’un retard dans le processus de maturation de la vessie. L’hérédité mais aussi la prématurité peuvent influer. Avec le temps, tout cela va se mettre en place pour votre enfant.
Concernant l’énurésie secondaire, elle est souvent le signe d’une régression affective faisant suite à un événement marquant émotionnellement (arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, séparation des parents, déménagement…). Généralement, cette phase de régression est assez brève si votre enfant se trouve entendu, compris et soutenu. Il recouvre petit à petit son autonomie. Si vous constatez que cette situation perdure dans le temps, n’hésitez pas à consulter un médecin.
Comment accompagner mon enfant vers l’acquisition de la propreté nocturne ?
Soyez patient. Votre enfant n’est peut-être pas encore prêt à passer ce cap. Vous pouvez échanger avec lui à ce sujet, chercher à savoir comment il se sent. En le laissant avancer à son rythme, vous lui donnez le pouvoir de changer les choses par lui-même.
Donnez-lui de l’autonomie. Lorsqu’il se sent prêt à retirer sa couche de nuit, proposez-lui tout le nécessaire pour gérer seul ses besoins et les « accidents de nuit ». Vous pouvez mettre un pot dans sa chambre si les toilettes sont difficilement accessibles, sans oublier le papier toilettes à côté voire même des lingettes si c’est plus simple. Mettez à sa disposition un pyjama propre pour se changer la nuit s’il y a eu débordement, voire même un petit matelas d’appoint et des draps. Il aura ainsi tout ce qu’il faut pour gérer la nuit sans avoir besoin de vous réveiller, et le matin, il sera fier de vous dire qu’il a géré comme un grand.
Faites de l’arrêt des couches une fête. Vous sentez que votre enfant est prêt mais pour lui, garder sa couche est confortable ? Dans ce cas, faites-en un rite de passage. Impliquez-le dans le choix d’un nouveau pyjama, de nouvelles culottes spéciales nuit pour remplacer la sensation des couches sur son corps. Ces culottes marquent cette étape importante pour lui. Installez avec lui une alèse sur son matelas en lui expliquant son rôle.
Ne le grondez pas s’il fait des accidents. Donnez-lui confiance en évitant de le culpabiliser, plutôt en le responsabilisant.
Invitez-le à se rendre régulièrement aux toilettes en journée (avant l’école, avant le repas du midi, avant la sieste, avant la nuit…) et dès qu’il en ressent le besoin.
Ne réveillez pas votre enfant pour qu’il aille faire pipi la nuit. Même si c’est tentant (pour éviter d’avoir à nettoyer des draps le matin), en agissant ainsi, vous risquez de troubler son sommeil sans avoir de résultats probants. Vous pouvez limiter l’eau à partir de 18 h et retirer la gourde habituelle quelque temps (sauf en cas de grosses chaleurs).
La difficulté principale en tant que parent sera de trouver le juste milieu entre la compréhension, l’écoute et la patience, sans encourager votre enfant à se réfugier dans une attitude infantilisante qui pourrait masquer un malaise.
La somniloquie
Parler en dormant est assez fréquent dans la population. D’ailleurs, il est probable que vous ayez déjà été concerné en tant que spectateur ou en tant qu’acteur de somniloquie. Cette parasomnie n’a aucune incidence sur le sommeil de votre enfant. Vous pouvez vous contenter de tendre une oreille attentive à la porte pour essayer de déchiffrer le discours de votre enfant et vous aurez peut-être la joie de découvrir certains de ses « secrets », ou tout simplement retourner dormir : votre enfant n’a pas besoin de vous.
Le bruxisme
Survenant pendant la phase de sommeil lent léger, le grincement des dents chez les enfants n’a aucune conséquence sur leur repos. En tant que parent, il est tout à fait normal que vous vous inquiétiez des conséquences sur la dentition de votre enfant. Vous pouvez néanmoins vous rassurer : l’intensité restant très faible chez les enfants, il n’y a en principe aucun risque de dégâts.
Les crampes nocturnes
Vers l’âge de 3 ans, des douleurs aux membres inférieurs peuvent se manifester durant la nuit. Si elles restent assez peu fréquentes, elles peuvent néanmoins s’avérer très douloureuses pour votre enfant et le réveiller. Souvent assimilées à des douleurs de croissance, il peut s’agir tout simplement de crampes nocturnes.
Si vous constatez que celles-ci deviennent récurrentes chez votre enfant, n’hésitez pas à consulter votre médecin afin de poser un diagnostic et avoir un traitement adapté au besoin.
Quel traitement pour une parasomnie enfant ?
Bonne nouvelle : la grande majorité des parasomnies de l’enfant ne nécessitent pas de traitement médical. Elles sont liées à l’immaturité du système de sommeil et disparaissent généralement spontanément avec la maturation cérébrale.
Le « traitement » repose avant tout sur trois piliers :
Optimiser la quantité et la qualité du sommeil : c’est le levier numéro 1, particulièrement pour les parasomnies du sommeil lent profond (somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels). Coucher plus tôt, allonger les siestes, garantir des nuits suffisamment longues pour l’âge.
Réduire les sources de stress et de surstimulation : limiter au maximum les écrans (au moins 2 heures avant le coucher), favoriser un quotidien routinier, instaurer un rituel du coucher apaisant, identifier et résoudre les sources de stress (école, événements familiaux, peurs).
Sécuriser l’environnement de sommeil : particulièrement pour le somnambulisme, mettre des barrières en haut des escaliers, bloquer les fenêtres et la porte d’entrée, retirer tout objet dangereux à proximité du lit.
Quand un traitement médical peut-il être envisagé ?
Dans de rares cas, lorsque les parasomnies sont très fréquentes, intenses ou mettent l’enfant en danger (somnambulisme avec mise en danger répétée, terreurs nocturnes plusieurs fois par semaine pendant des mois, cauchemars chroniques), un avis spécialisé peut être demandé auprès d’un pédiatre, d’un neurologue pédiatrique ou d’un centre du sommeil. Mais cela reste exceptionnel.
Le sommeil de votre enfant vous inquiète ? Nos consultations Fée Dodo vous accompagnent pour identifier ce qui se joue et mettre en place un plan d’action personnalisé.

Quand consulter un médecin ?
Bien que la plupart des parasomnies soient bénignes et passagères, certains signes doivent vous amener à consulter un professionnel de santé :
Pour le somnambulisme : si les épisodes sont fréquents (plusieurs fois par semaine), si votre enfant se met en danger malgré la sécurisation de l’environnement, ou s’ils persistent au-delà de l’adolescence.
Pour les terreurs nocturnes : si elles sont quotidiennes pendant plusieurs semaines malgré l’optimisation du sommeil, ou si elles s’accompagnent d’autres symptômes inquiétants (modification du comportement diurne, perte de poids, troubles du développement).
Pour les cauchemars : s’ils sont chroniques, s’ils s’accompagnent de phobies récurrentes ou s’ils résistent à toutes vos tentatives d’apaisement. Un avis pédopsychiatrique peut alors être utile.
Pour l’énurésie : si elle persiste au-delà de 5-6 ans, si elle est accompagnée de fièvre, de douleurs en urinant ou d’une soif excessive (signes possibles d’une infection urinaire ou d’un autre trouble), ou si elle impacte l’estime de soi et la vie sociale de votre enfant.
Dans tous les cas : si votre enfant présente de la fièvre, des douleurs, des modifications brutales de son comportement ou de son rythme de sommeil, consultez votre médecin pour éliminer toute cause médicale sous-jacente.
Sources
(1) Chiffres de la Sécurité Sociale – Ameli.fr : Reconnaître l’énurésie nocturne de l’enfant
Article rédigé par Caroline Ferriol, spécialisée dans l’accompagnement du sommeil des bébés et des enfants
Parasomnie de l'enfant : quels symptômes ?
Les symptômes d’une parasomnie chez l’enfant varient selon le type. Pour le somnambulisme, l’enfant se lève et marche, yeux ouverts, sans conscience de ce qui l’entoure. Pour les terreurs nocturnes, il hurle, s’agite violemment, est en sueur, totalement inconscient malgré sa réactivité apparente. Pour les éveils confusionnels, il grogne, pleure ou se débat dans un état désorienté. Pour les cauchemars, il se réveille brutalement effrayé en fin de nuit et peut raconter son rêve. Pour le bruxisme, il grince des dents. Pour la somniloquie, il parle en dormant. Pour les rythmies, il se balance ou se cogne la tête au moment de l’endormissement. Dans la plupart des cas (sauf cauchemars), l’enfant n’a aucun souvenir de l’épisode au matin.
Parasomnie de l'enfant : que faire ?
Face à une parasomnie, la règle d’or pour les parasomnies du sommeil profond (somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels) est de ne pas réveiller votre enfant. Restez à proximité, sécurisez l’environnement pour éviter qu’il ne se blesse, et attendez que la crise passe. Pour les cauchemars, en revanche, votre enfant aura besoin de vous : rassurez-le, écoutez son récit, proposez-lui une image apaisante avant le rendormissement. Au quotidien, le levier numéro 1 reste l’optimisation du sommeil de votre enfant : couchez-le plus tôt, garantissez des siestes suffisantes, limitez les écrans, réduisez les sources de stress, instaurez un rituel du coucher régulier et apaisant.
Éveil confusionnel bébé, que faire ?
Les éveils confusionnels chez le bébé et le jeune enfant sont des épisodes de désorientation pendant le sommeil : votre enfant grogne, pleure, s’agite, semble réveillé mais ne réagit pas à votre présence. La conduite à tenir est la suivante : ne tentez pas de le réveiller (cela aggrave la confusion), ne le secouez pas, ne lui parlez pas trop fort. Restez à proximité, dans une posture rassurante mais en retrait, et attendez que la crise passe (cela peut durer quelques minutes à plus d’une heure). Ces épisodes sont liés à un manque de sommeil ou à un stress : à long terme, le meilleur traitement est de garantir des nuits suffisamment longues, des siestes adaptées à l’âge, et un environnement de vie apaisé. Si les éveils confusionnels sont quotidiens ou très intenses, parlez-en à votre pédiatre.
Parasomnie enfant : quel traitement ?
Dans l’immense majorité des cas, aucun traitement médicamenteux n’est nécessaire pour les parasomnies de l’enfant. Le traitement repose sur trois axes :
1. Optimiser le sommeil : coucher plus tôt, siestes plus longues ou plus fréquentes selon l’âge, respect d’un rythme régulier ;
2. Réduire les sources de stress et de surstimulation : moins d’écrans (idéalement coupés 2 h avant le coucher), routine apaisante, identification des stress éventuels (école, événements familiaux) ;
3. Sécuriser l’environnement : barrières d’escalier, fenêtres bloquées, retrait des objets dangereux à proximité du lit, surtout en cas de somnambulisme. Un traitement médical spécifique n’est envisagé que dans de rares cas (somnambulisme avec mise en danger répétée, parasomnies très fréquentes et invalidantes) sur avis d’un médecin spécialiste du sommeil.









