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Chez Fée Dodo, nous accompagnons chaque jour des familles dans leurs choix autour du sommeil — et la question du cododo revient très souvent. Notre approche est simple : il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse universelle. Le cododo a de réels bienfaits, mais aussi des limites qu’il est essentiel de connaître pour faire un choix éclairé. Et surtout, il existe des règles de sécurité incontournables, peu importe la modalité que vous choisissez.
Sommaire
- Qu’est-ce que le cododo ?
- Partage de chambre vs partage de lit : ce qu’il faut savoir
- Les bienfaits du cododo
- Les limites et risques possibles du cododo
- Cododo et lien d’attachement : démêler le vrai du faux
- Les règles de sécurité essentielles du cododo
- Jusqu’à quel âge pratiquer le cododo ?
- Comment arrêter le cododo en douceur ?
- FAQ – Le cododo en questions
L’essentiel à retenir
- Le cododo regroupe deux pratiques très différentes : le partage de chambre (bébé dans son propre couchage dans votre pièce) et le partage de lit (bébé dans votre lit). Les recommandations diffèrent radicalement.
- Le partage de chambre est recommandé pendant les 6 premiers mois par les sociétés savantes de pédiatrie. Il facilite l’allaitement et la réactivité parentale.
- Le partage de lit est plus controversé : il présente des risques accrus de MIN (Mort inattendue du nourrisson), surtout chez les moins de 4 mois et en présence de facteurs de risque.
- Le cododo soutient l’allaitement mais peut aussi altérer le sommeil profond des parents comme du bébé.
- Chambres séparées ≠ abandon. Un bébé qui s’endort seul dans sa chambre, en sécurité, peut être tout aussi bien attaché à ses parents qu’un bébé en cododo.
- Les règles de sécurité sont incontournables : couchage ferme, dos uniquement, pas de couette ni de tour de lit et jamais sur un canapé.
Qu’est-ce que le cododo ?
Le terme cododo (ou « sommeil partagé ») regroupe en réalité deux pratiques bien distinctes, qu’il est essentiel de différencier :
Le partage de chambre : bébé dort dans la même pièce que ses parents, mais dans son propre couchage (berceau, bassinette ou lit cododo accolé au lit parental). C’est la modalité recommandée par la majorité des sociétés savantes de pédiatrie, notamment pendant les 6 premiers mois.
Le partage de lit (aussi appelé bed-sharing ou sommeil partagé) : bébé dort dans le même lit qu’au moins un de ses parents, sans séparation physique.
Cette distinction est fondamentale, car les recommandations, les bienfaits et les risques diffèrent radicalement entre les deux pratiques. Dans la suite de cet article, lorsque nous parlerons de cododo sans précision, nous évoquerons ces deux modalités de manière plus large.
Partage de chambre vs partage de lit : ce qu’il faut savoir
Le partage de chambre est globalement encouragé par les autorités de santé : la Société canadienne de pédiatrie comme l’Académie américaine de pédiatrie recommandent que bébé dorme dans la chambre de ses parents pendant les 6 premiers mois, voire la première année si possible. Cette pratique réduirait le risque de mort inattendue du nourrisson (MIN) tout en facilitant la vie nocturne des parents.
Le partage du lit est plus controversé. Les sociétés savantes pédiatriques le déconseillent généralement en raison du risque accru de MIN, particulièrement chez les bébés de moins de 4 mois, prématurés ou de petit poids de naissance. D’autres spécialistes — dont l’anthropologue James McKenna, l’une des références internationales sur le sujet — estiment que le partage du lit peut être sécuritaire à condition de respecter strictement certaines règles (voir plus bas).
À ce jour, aucune étude ne permet de trancher définitivement : les résultats publiés ne distinguent pas toujours les contextes sécuritaires des contextes à risque. Ce qui est certain en revanche, c’est que les conditions dans lesquelles le partage du lit est pratiqué pèsent énormément.
Les bienfaits du cododo
Les bienfaits du cododo sont multiples et ont été démontrés par un grand nombre d’études, recensées notamment dans l’ouvrage Comment dorment les bébés : pour ou contre le sommeil partagé (2004). Ils y sont résumés ainsi :
« Cette façon de dormir permet à la mère (et au père) de réagir rapidement si l’enfant pleure, s’il étouffe ou encore s’il a besoin qu’on lui dégage les voies nasales, qu’on le rafraîchisse, qu’on le caresse, qu’on le berce ou qu’on le prenne dans les bras. Cela contribue à régulariser la respiration de l’enfant, son sommeil, ses modes d’éveil, son rythme cardiaque et sa température. »
Les auteurs partent du postulat que, d’après la classification des mammifères selon la manière d’élever leurs petits, l’être humain se situe (à l’instar des primates) dans la quatrième catégorie : celle où les mamans gardent leur nouveau-né en très grande proximité, les portent et les nourrissent en moyenne deux fois par heure.
Un soutien à l’allaitement
C’est sans doute le bienfait le plus solidement documenté. Plusieurs études — dont une étude suédoise de 1999 — démontrent que les mères qui partagent le lit avec leur bébé allaitent plus souvent et plus longtemps : environ 3 fois plus en durée, selon certaines données.
L’étude suédoise montre que 67 % des bébés suédois, en immense majorité allaités plusieurs fois chaque nuit, bénéficient toujours de l’allaitement maternel à l’âge de 6 mois.
Il faut néanmoins rappeler qu’en Suède, le congé parental (à répartir librement entre les deux parents) peut s’étendre jusqu’à 480 jours, soit près de 16 mois. Le salaire des 390 premiers jours est même pris en charge à 80 %. Dans de telles conditions, il est évidemment bien plus facile pour les parents d’envisager un cododo très cohérent et de calquer leur rythme de vie (et de sommeil) sur celui de leur enfant. La culture, l’organisation du travail et les politiques publiques jouent donc un rôle important dans la pratique du cododo.
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Une réponse au besoin de proximité
Le cododo permet de répondre immédiatement aux besoins du nourrisson, particulièrement intenses dans les premiers mois. Pour les très jeunes bébés, la proximité physique avec un parent est un véritable régulateur : du rythme cardiaque, de la respiration, de la température corporelle, et bien sûr des émotions.
Personnellement, j’ai tendance à encourager le cododo avec les petits bébés, afin de combler leurs importants besoins de proximité. Mais je le précise toujours aux familles que j’accompagne : « chambres séparées » n’est pas synonyme d’abandon. Nous y reviendrons.
Une vigilance maternelle accrue
Les expériences menées par James McKenna ont mis en évidence que, en sommeil partagé, maman et bébé ont de nombreuses interactions tout au long de la nuit. Le sommeil partagé est caractérisé :
- Pour bébé : par « plus de sommeil léger (phases 1 et 2), plus de réveils », ce qui pourrait jouer un rôle dans la prévention de la MIN ;
- Pour bébé et maman : par « plus de réveils simultanés mère/enfant, beaucoup plus de contacts physiques mère/enfant » ;
- Pour maman : par « quatre fois plus d’inspections maternelles — toutes les fois où la mère, sans même s’en rendre compte ni se réveiller, vérifie que l’enfant va bien, n’a pas froid ou chaud, remet une couverture ou l’enlève, etc. »
Les limites et risques possibles du cododo
Le cododo a des bienfaits, mais il a aussi des limites que peu de ressources mettent en avant. Chez Fée Dodo, nous tenons à les exposer honnêtement, parce qu’elles peuvent considérablement impacter le bien-être des familles.
Impacts sur la qualité du sommeil parental
Sans nier les bienfaits exposés plus haut, un sommeil aussi léger et interrompu (même en « demi-sommeil ») pour une maman n’est pas toujours compatible avec ce qui est attendu des mères dans nos sociétés modernes. Le sommeil profond est le plus réparateur, et il est indispensable pour mener les rythmes parfois effrénés imposés par la reprise du travail ou la gestion de fratries.
Les « inspections maternelles » multiples décrites par McKenna peuvent aussi se transformer, pour certaines femmes, en véritable hypervigilance. Les nuits deviennent alors un enfer, avec des vérifications constantes de l’état et de la respiration de bébé.
C’est pour toutes ces raisons que lorsque le sommeil partagé devient trop difficile à gérer, parce que trop épuisant ou trop exigeant, j’encourage plutôt à opter pour des chambres distinctes et l’installation d’un système de surveillance complet et sécurisant comme la chaussette Owlet ou une alarme de respiration.
Impacts sur la qualité du sommeil de bébé
C’est un argument trop rarement entendu : les études montrent que, lorsqu’il dort seul, un bébé présente davantage de sommeil profond qu’un bébé en cododo. Or, le sommeil profond est précisément celui qui permet le nettoyage du cerveau (via le système glymphatique) et la consolidation de la mémoire. Il est donc indispensable au bon développement cognitif de l’enfant.
De nombreux parents font le choix de ne pas faire de cododo précisément pour permettre à leur enfant de bénéficier d’un sommeil de meilleure qualité, avec plus de sommeil profond. C’est un argument rarement divulgué, mais tout à fait légitime.
Si les nuits de votre bébé restent fragiles malgré (ou à cause de) la mise en place du cododo, notre programme La Fée des Premières Nuits (0 à 4 mois) ou La Fée des nuits complètes (4 à 18 mois) peut vous aider à y voir plus clair.
bases dès le début.

Risques liés au partage du lit
Le partage du lit, tel que pratiqué dans le lit parental classique, présente des risques qu’il ne faut surtout pas minimiser. Tous les experts sont d’accord sur un point : dormir avec son bébé sur un divan, un fauteuil, un canapé ou tout autre meuble rembourré est extrêmement dangereux. Bébé peut se retrouver coincé entre les coussins et l’adulte. Le nombre de décès survenus dans ces circonstances reste élevé chaque année.
Les principaux risques associés au partage du lit identifiés par la recherche :
L’étouffement : par un parent qui se retournerait sur bébé, ou par un article de literie mou (oreiller, couette, drap matelassé).
La suffocation : sur une surface trop molle (lit à eau, matelas gonflable, surmatelas) ou si bébé se retrouve face contre matelas.
Le coincement : entre le matelas et le mur, entre deux matelas, dans la structure du lit, ou entre le matelas et un meuble.
La chute : si le lit n’est pas adapté ou si bébé n’est pas surveillé.
Les facteurs de risque qui aggravent ces dangers : être exposé au tabagisme (de la grossesse à la naissance), dormir près d’un adulte sous l’influence de l’alcool, de drogues, de médicaments ou d’une très grande fatigue, et avoir trop chaud dans le lit (surplus de vêtements, couvertures lourdes).
Cododo et lien d’attachement : démêler le vrai du faux
C’est l’un des sujets sur lesquels je tiens à être la plus claire possible, parce qu’il alimente énormément de culpabilité parentale.
Certains auteurs comme Didierjean-Jouveau, Israël et McKenna insistent sur l’idée que le cododo serait indispensable au lien d’attachement et que les chambres séparées seraient synonymes d’abandon. L’écrivain Robert Wright va même plus loin en suggérant que les bébés laissés seuls seraient « naturellement terrifiés » en raison d’un réflexe archaïque hérité de l’époque où les humains dormaient dans la forêt.
Avec tout le respect que je dois à ces auteurs, je ne partage pas du tout cette analyse. Et voici pourquoi.
Qui a dit que « chambres séparées » était synonyme d’abandon et d’ignorance des pleurs ? Lorsqu’un bébé a développé des stratégies de sommeil autonomes et possède sa propre chambre, il est tout à fait possible qu’il puisse, pour une raison ou une autre, avoir besoin de ses parents ponctuellement la nuit — pour un câlin, pour soulager une douleur, pour passer un cycle exceptionnellement difficile.
Et si cet enfant a acquis des stratégies de sommeil autonomes et une véritable sérénité dans sa chambre, lieu de sécurité, il ne hurlera d’ailleurs pas s’il a besoin d’appeler ses parents. Répondre à ces appels est important et permet d’autant plus d’assurer à l’enfant qu’à l’extérieur de cette cabane dans les bois, les gardiens-parents veillent.
Les auteurs cités plus haut, n’ayant malheureusement aucune base de connaissance approfondie sur le sommeil, se sont allés à imaginer des terreurs pour les bébés en hypothèse de leurs écrits. En réalité, la cause des réveils en hurlant sera alors, en dehors de douleurs, soit des troubles du sommeil dus simplement à des stratégies dysfonctionnelles dans la relation du parent et de l’enfant au sommeil de ce dernier, soit dus à un manque de sommeil. Et donc tout ceci n’aura rien à voir avec vos choix parentaux de cododo ou non.
Soyez libéré·es, serein·es et en lien avec vos valeurs. Si la cohérence est là pour son sommeil, alors votre enfant vous suivra et sera apaisé.
Les règles de sécurité essentielles du cododo
Quelle que soit la modalité de cododo que vous choisissez (partage de chambre ou partage de lit), certaines règles de sécurité sont incontournables. Elles doivent être suivies en tout temps, peu importe l’endroit : à la maison, en visite, en vacances.
Pour tout type de cododo (partage de chambre ET partage de lit) :
- Couchez toujours bébé sur le dos, pour la nuit comme pour la sieste. Cette mesure a réduit le nombre de cas de MIN de plus de 50 % partout où elle a été respectée.
- Maintenez la chambre à une température comprise entre 18 et 20 °C (voir notre article sur comment habiller bébé selon la température).
- Aucun oreiller, couette, peluche encombrante, tour de lit, surmatelas dans le couchage de bébé. Seul un drap-housse ajusté est nécessaire.
- Utilisez une gigoteuse adaptée plutôt qu’une couverture pour habiller bébé la nuit.
- Ne faites jamais dormir bébé sur un canapé, un fauteuil, un futon, un lit à eau ou un matelas gonflable. C’est l’une des configurations les plus dangereuses, sans exception.
Pour le partage du lit spécifiquement, en plus des règles ci-dessus :
- Ne dormez pas avec votre bébé si vous, ou votre partenaire, fumez (tabac, cannabis, vapotage). Le risque de MIN est multiplié.
- Ne dormez pas avec votre bébé si vous êtes sous influence (alcool, drogues, médicaments sédatifs) ou si vous êtes très fatigué·e (plus que d’habitude). Votre vigilance est altérée.
- Un parent obèse (IMC supérieur à 30) ne devrait pas non plus partager le lit avec bébé.
- Couchez-vous sur le côté, bébé sur le dos, sa tête à hauteur de votre poitrine. Cette position limite les risques que bébé se retrouve dans les oreillers.
- Matelas ferme et plat uniquement. Évitez tout ce qui est mou, moelleux ou matelassé.
- Sécurisez l’espace : pas d’écart entre le matelas et le mur, le bord du lit ou un meuble. Certains experts suggèrent même de poser le matelas au sol, au centre de la pièce.
- Si bébé arrive dans le lit en cours de nuit, prévenez l’autre parent pour qu’il soit plus vigilant. L’idéal est qu’un seul parent dorme avec bébé.
- Attachez vos cheveux longs et évitez les vêtements à cordons : risque d’étranglement.
- Ne laissez jamais bébé seul dans le lit d’adulte, ni avec un autre enfant, un animal, ou un adulte qui n’est pas son parent.
Concernant les lits cododo accolés au lit parental : ces lits, généralement à 3 côtés fermés et un côté ouvert collé au lit des parents, ne sont pas recommandés par Santé Canada car ils présentent un risque de suffocation et de coincement entre les deux lits. Si vous souhaitez un couchage proche du vôtre, privilégiez un berceau aux normes européennes, posé à côté de votre lit, à la même hauteur, sans espace entre les deux.
Jusqu’à quel âge pratiquer le cododo ?
Il n’existe pas de « bon » âge universel pour arrêter le cododo — cela dépend de votre famille, de vos valeurs et de la qualité de sommeil de chacun. Voici cependant quelques repères :
Avant 4-6 mois : la majorité des sociétés savantes recommandent le partage de chambre (et déconseillent le partage de lit). C’est la période où le risque de MIN est le plus élevé.
À partir de 6 mois : le risque de MIN diminue significativement. Le partage de chambre peut être maintenu ou progressivement abandonné selon les besoins de chacun.
Au-delà de 12 mois : si le cododo se prolonge, posez-vous régulièrement la question de l’impact sur le sommeil de chacun (parents et enfant). Beaucoup de familles trouvent qu’à cet âge, chacun dort mieux dans son espace.
Quand le cododo se prolonge et devient source d’inconfort (sommeil dégradé pour les parents, agitation nocturne pour bébé, conflits dans le couple), il est temps d’envisager une transition.
Comment arrêter le cododo en douceur ?
L’arrêt du cododo est une transition qui peut se préparer. Voici nos conseils :
Choisissez le bon moment. Évitez les périodes de changement (entrée à la crèche, déménagement, régression du sommeil, poussées dentaires). Privilégiez une période où tout va bien par ailleurs.
Procédez par étapes. Si bébé dormait dans votre lit, commencez par un berceau accolé. Puis déplacez le berceau plus loin dans la chambre. Puis transférez-le dans une chambre dédiée. Chaque étape peut durer quelques jours à quelques semaines, selon votre enfant.
Travaillez en parallèle l’endormissement autonome. Un enfant qui s’endort uniquement contre vous aura plus de difficultés à dormir seul. Aidez-le à découvrir ses propres stratégies d’endormissement dans la nouvelle configuration.
Accompagnez les émotions. Le changement peut générer des protestations. Restez présent, verbalisez (« Je suis là, tu es en sécurité, dors bien »), et maintenez le cadre avec bienveillance et fermeté.
Soyez cohérent·es. Une fois la décision prise, tenez-la. Les allers-retours (parfois dans votre lit, parfois pas) sont sources de confusion pour bébé et de difficultés pour tout le monde.
Si la transition est difficile et que vous ne savez plus par où commencer, nos consultations Fée Dodo vous accompagnent pas à pas, avec un plan d’action personnalisé.

Jusqu'à quel âge faire du cododo ?
Il n’y a pas d’âge limite universel pour le cododo. Le partage de chambre est recommandé pendant les 6 premiers mois, voire la première année, par les sociétés savantes de pédiatrie. Le partage de lit doit suivre des règles de sécurité strictes, et reste particulièrement déconseillé avant 4 mois. Au-delà de 12 mois, beaucoup de familles trouvent que chacun dort mieux dans son propre espace, mais c’est avant tout une question de valeurs, de qualité de sommeil collective et de besoins individuels. Si le cododo se prolonge et devient source d’inconfort (sommeil dégradé pour les parents, agitation pour bébé, tensions dans le couple), il est temps d’envisager une transition en douceur.
Quels sont les bienfaits du cododo ?
Les principaux bienfaits documentés du cododo sont : un soutien à l’allaitement (les mères qui partagent le lit allaitent en moyenne 3 fois plus longtemps), une réponse rapide aux besoins de bébé (faim, inconfort, besoin de proximité), une régulation physiologique facilitée pour le nourrisson (respiration, rythme cardiaque, température corporelle), et une vigilance maternelle accrue. Le cododo répond au besoin naturel de proximité du nouveau-né, particulièrement dans les premières semaines. Mais ces bienfaits sont à mettre en balance avec les impacts possibles sur la qualité du sommeil parental et celle du sommeil profond de bébé.
Quels sont les risques du cododo ?
Les principaux risques concernent essentiellement le partage du lit (et non le partage de chambre) : risque accru de mort inattendue du nourrisson (MIN) surtout avant 4 mois, étouffement par un parent ou un article de literie mou, suffocation sur une surface trop molle, coincement entre le matelas et le mur ou la structure du lit. Ces risques sont majorés en présence de facteurs aggravants : tabagisme, alcool ou drogues, fatigue extrême, parent obèse, prématurité ou petit poids de naissance. Dormir avec son bébé sur un canapé, un fauteuil ou un futon est particulièrement dangereux et formellement déconseillé par tous les experts.
Comment pratiquer le cododo en toute sécurité ?
Si vous choisissez le cododo, respectez impérativement ces règles : couchez toujours bébé sur le dos, sur un matelas ferme et plat, sans oreiller, couverture, peluche ou tour de lit. Maintenez la chambre entre 18 et 20 °C. Ne faites jamais dormir bébé sur un canapé ou un fauteuil. Pour le partage du lit spécifiquement : ne dormez pas avec bébé si vous ou votre partenaire fumez, êtes sous influence (alcool, drogues, médicaments) ou très fatigué·e. Couchez-vous sur le côté, bébé sur le dos à hauteur de votre poitrine. Sécurisez l’espace pour éviter tout coincement. Pour un couchage proche mais séparé, privilégiez un berceau aux normes européennes posé à côté de votre lit plutôt qu’un lit cododo à 3 côtés (non recommandé par Santé Canada).
Sources et commentaires
- (1) DIDIERJEAN-JOUVEAU Claude-Suzanne, ISRAËL Jacky et MCKENNA James, Comment dorment les bébés : pour ou contre le sommeil partagé, 2004.
- (2) Mosko S. et al, « Infant arousals during mother-infant bed sharing, implications for infant sleep and sudden infant death syndrome research », Pediatrics, 1997, 100, pp. 841-49.
- (3) Scragg et al., « Infant room-sharing and prone sleep position in sudden infant death syndrome », Lancet, 1996, 347, p. 7-12.
- (4) Société canadienne de pédiatrie, Recommandations sur le sommeil sécuritaire des nourrissons, 2021.
- (5) American Academy of Pediatrics, How to Keep Your Sleeping Baby Safe: AAP Policy Explained, 2021.
Article rédigé par Caroline Ferriol, spécialisée dans l’accompagnement du sommeil des bébés et des enfants.









