Retrouvez ce sujet dans notre podcast « Allô Fée Dodo », épisode 6 – Les pleurs et colères des bébés. Disponible sur toutes les plateformes d’écoute.
Votre bébé est propre, rassasié, confortable… et pourtant il pleure intensément, surtout en fin de journée. Vous avez tout vérifié, tout essayé, et rien ne semble fonctionner. Vous vous demandez ce qui ne va pas.
Vous faites probablement face à des pleurs de décharge de bébé. Et la bonne nouvelle, c’est que ces pleurs ne sont pas le signe que quelque chose ne va pas. Ils sont au contraire le signe que le système nerveux de votre bébé fonctionne normalement. Votre rôle n’est pas de les empêcher, mais de les accompagner avec douceur et présence.
Chez Fée Dodo, nous expliquons chaque jour aux parents que les pleurs de décharge sont un mécanisme naturel et nécessaire. Cet article va vous aider à les reconnaître, à comprendre pourquoi ils surviennent, et surtout à savoir comment réagir.
L’essentiel à retenir
- Les pleurs de décharge de bébé sont un mécanisme naturel qui permet d’évacuer le cortisol accumulé pendant la journée. Ils ne sont pas le signe que quelque chose ne va pas.
- Ils surviennent typiquement en fin de journée (17h-22h), lorsque votre bébé est propre, rassasié et confortable — mais a besoin de se libérer du stress accumulé.
- Accompagnez les pleurs, ne les empêchez pas et ne les ignorez pas. Restez présent, calme, dans un environnement tamisé, et laissez votre bébé décharger autant que nécessaire.
- Les pleurs de décharge touchent surtout les 0-6 mois et diminuent naturellement avec la maturation du cerveau.
- Réduisez la surstimulation au quotidien : activités calmes, respect des temps d’éveil, sommeil suffisant en journée, limitation des écrans.
- Consultez votre pédiatre si les pleurs sont excessifs, accompagnés de fièvre ou de signes de douleur.
Sommaire
- Qu’est-ce que les pleurs de décharge chez un bébé ?
- Comment reconnaître les pleurs de décharge de bébé ?
- Pourquoi votre bébé fait des pleurs de décharge ?
- Comment calmer les pleurs de décharge de votre bébé ?
- Ce qu’il ne faut pas faire face aux pleurs de décharge de bébé
- Comment réduire les pleurs de décharge au quotidien ?
- À quel âge les pleurs de décharge de bébé s’arrêtent-ils ?
- Quand consulter un pédiatre ?
- FAQ – Les pleurs de décharge de bébé
Qu’est-ce que les pleurs de décharge chez un bébé ?
Pour comprendre ce que sont les pleurs de décharge de bébé, il faut être familier de deux hormones : la mélatonine (l’hormone du sommeil) et le cortisol (l’hormone de l’éveil et du stress). Une bonne régulation de ces deux hormones est indispensable pour aller sereinement vers le sommeil.
Au cours de la journée, chaque interaction, chaque son, chaque lumière, chaque contact constitue une stimulation pour le cerveau de votre bébé en plein développement. Même les stimulations les plus ordinaires — une promenade, un visage nouveau, les bruits de la maison — génèrent une production de cortisol.
En fin de journée, ce cortisol accumulé doit être évacué pour que la mélatonine puisse prendre le relais et permettre un endormissement serein. L’être humain dispose de deux moyens pour décharger ce trop-plein de cortisol : la transpiration (l’activité physique) et les larmes. Votre bébé, lui, n’a d’autre choix que de pleurer. Les pleurs de décharge sont donc précisément ce mécanisme d’évacuation : des larmes qui libèrent littéralement le stress accumulé. Des études scientifiques ont d’ailleurs montré que les larmes de tristesse, de colère ou d’émotion contiennent du cortisol, au contraire des larmes provoquées par le fait de couper un oignon, par exemple.
Comme le montrent les travaux d’Aletha Solter (Pleurs et colères des enfants et des bébés, 2015), les bébés ont un besoin physiologique de pleurer pour s’exprimer, pour intégrer les événements de leur quotidien, et surtout pour décharger leur trop-plein de cortisol.
Comment reconnaître les pleurs de décharge de bébé ?
Il est normal que les bébés pleurent, et les causes sont multiples : faim, couche mouillée, inconfort, douleur, maladie, besoin de contact. Mais les pleurs de décharge de bébé ont des caractéristiques bien spécifiques qui permettent de les différencier.
Le timing : les pleurs de décharge surviennent le plus souvent en fin de journée, typiquement entre 17 h et 22 h, au moment où le cortisol accumulé est à son maximum. Ce timing régulier, jour après jour, est un signe fort.
L’absence de cause identifiable : vous avez vérifié les fondamentaux — votre bébé a mangé, sa couche est propre, il n’a pas de fièvre, il ne semble pas avoir mal — et pourtant il pleure intensément. C’est le marqueur principal des pleurs de décharge.
L’intensité et la difficulté à consoler : ces pleurs peuvent être forts, soutenus, et difficiles à calmer par les moyens habituels (tétine, bercement, mise au sein). Votre bébé semble inconsolable pendant un moment, puis se calme progressivement de lui-même ou après avoir « vidé » ses émotions.
L’état de bébé par ailleurs : un bébé qui fait des pleurs de décharge est un bébé en bonne santé. Il mange bien, prend du poids, se développe normalement. Les pleurs se concentrent sur un créneau horaire précis et ne durent pas toute la journée.
Ce qui les différencie des coliques : les coliques du nourrisson (règle des 3 : plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine, depuis plus de 3 semaines) sont plus intenses et plus prolongées. Si votre bébé pleure beaucoup au-delà de ces repères, consultez votre pédiatre.
Pourquoi votre bébé fait des pleurs de décharge ?
Les causes d’une production trop élevée de cortisol chez votre bébé en fin de journée sont multiples :
La surstimulation : c’est la cause n°1 des pleurs de décharge de bébé. Le cerveau d’un nourrisson est en plein développement — la moindre interaction constitue une stimulation intense. Des visites à la maison, une sortie en magasin, des jouets bruyants et lumineux, des écrans : tout cela génère du cortisol que votre bébé devra évacuer.
Le manque de sommeil : un bébé qui ne dort pas suffisamment en journée accumule une dette de sommeil qui fait grimper son taux de cortisol. En cas de temps d’éveil trop longs, son cerveau passe automatiquement en surstimulation car il est trop fatigué pour « tenir » et va donc surproduire du cortisol pour rester en éveil. C’est un cercle vicieux.
Le stress environnemental : les bébés sont très en lien avec les émotions des adultes qui les entourent. Un stress familial, une tension dans le couple, un déménagement, une reprise du travail — tout cela se transmet à votre bébé, même si vous n’en avez pas conscience. Les pleurs de décharge sont souvent plus intenses lorsque l’ambiance familiale est tendue.
La fatigue accumulée de la journée : même une journée « normale » avec des stimulations ordinaires peut générer suffisamment de cortisol pour déclencher des pleurs de décharge chez un très jeune bébé. C’est tout à fait physiologique.
Comment calmer les pleurs de décharge de votre bébé ?
Le mot « calmer » mérite d’être nuancé. L’objectif n’est pas de faire cesser les pleurs à tout prix, mais d’accompagner votre bébé pendant qu’il se décharge, en lui offrant un cadre sécurisant. Voici ce que nous recommandons chez Fée Dodo :
Mettez-vous dans un endroit calme, cosy et peu éclairé. Baissez les stimulations : lumière tamisée, peu de bruit, pas d’écran. Le cerveau de votre bébé a besoin de calme pour se réguler.
Prenez votre bébé contre vous. Tentez de capter son attention avec vos yeux et votre voix très douce. Le contact peau à peau peut être particulièrement réconfortant.
Exprimez-lui votre empathie. Faites-lui savoir qu’il est en sécurité, que ses émotions sont légitimes et que vous êtes là pour les recevoir. Parlez-lui doucement, même s’il ne comprend pas encore les mots — il comprend l’intention et la douceur de votre voix.
Pratiquez des respirations profondes et montrez le chemin à votre bébé pour retrouver son calme par lui-même. Votre calme est contagieux — mais votre stress aussi.
Permettez-lui de décharger autant que nécessaire. Une fois l’harmonie rétablie dans son corps, il sera empli d’une sensation de calme et de plénitude qui lui permettra d’aller vers l’apaisement et le sommeil. Vous l’avez sans doute déjà expérimenté par vous-même, ce moment de calme extrême après une bonne crise de larmes…
Vous pouvez aussi essayer : le bercement, une promenade en poussette ou en porte-bébé, un bain tiède, ou simplement marcher avec votre bébé. Chaque bébé est différent — ce qui fonctionne un jour peut ne pas fonctionner le lendemain.

Ce qu’il ne faut pas faire face aux pleurs de décharge de bébé
Comme le souligne Aletha Solter, un bébé qui pleure ne devrait être ni distrait, ni abandonné. Autrement dit, ni la tétine à tout prix, ni le « laissez-le pleurer, ça passera ».
Ne cherchez pas à stopper les pleurs à tout prix. Proposer systématiquement la tétine, le sein, le bercement frénétique ou la mise au biberon pour couper court aux pleurs peut paradoxalement empêcher votre bébé de se libérer de ce qu’il a besoin d’évacuer. Un bébé qui n’a pas pu décharger son trop-plein émotionnel en fin de journée est souvent un bébé qui dormira moins bien et se réveillera davantage la nuit.
Ne laissez pas votre bébé pleurer seul. Les pleurs de décharge doivent être accompagnés, pas ignorés. Un bébé laissé seul face à sa détresse pourrait passer d’un état de décharge émotionnelle bénéfique à un état de peur et d’insécurité — ce qui produirait du cortisol au lieu d’en évacuer.
Ne secouez jamais votre bébé. Si vous sentez que vous n’en pouvez plus, déposez votre bébé en sécurité dans son lit et sortez de la pièce quelques minutes pour respirer. Le syndrome du bébé secoué est un danger réel. Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse.
Comment réduire les pleurs de décharge au quotidien ?
Si les pleurs de décharge sont un mécanisme naturel et nécessaire, il est tout à fait possible de réduire leur intensité et leur fréquence en agissant sur les causes :
Proposez des activités calmes en lien avec l’âge et le développement de votre bébé. Limitez les jouets à pile qui stimulent plusieurs sens en même temps. Privilégiez les jouets en bois et les jouets qui sollicitent un ou deux sens simultanément.
Limitez au minimum les écrans du quotidien de votre enfant. Les écrans sont une source majeure de surstimulation, même en « fond sonore ».
Évitez les sorties en magasin et les visites à la maison en fin de journée, surtout chez les très jeunes bébés. La moindre interaction génère du cortisol chez un nourrisson.
Respectez les temps d’éveil adaptés à son âge. C’est l’un des leviers les plus puissants. Un bébé couché au bon moment, avant d’entrer en surstimulation, fera moins de pleurs de décharge.
Offrez-lui suffisamment de sommeil en journée. Si les siestes sont trop courtes, proposez-lui de les rallonger et si cela reste insuffisant, proposez plus de siestes de manière temporaire (tout en respectant les temps d’éveil). Notre programme vidéo Secret des siestes peut vous aider sur ce point.
Besoin d’aller plus loin ? Découvrez La Fée des nuits complètes, notre programme vidéo pour les bébés de 4 à 18 mois, pour comprendre, ajuster et apaiser les endormissements, les siestes et les réveils nocturnes.

À quel âge les pleurs de décharge de bébé s’arrêtent-ils ?
Les pleurs de décharge touchent surtout les très jeunes bébés, de la naissance à 6 mois environ. C’est logique : à cet âge, la moindre interaction ou sortie engendre une forme de surstimulation et donc une sécrétion de cortisol que le cerveau immature ne sait pas encore gérer.
Le chercheur Ronald Barr a démontré l’existence d’une courbe universelle des pleurs chez le nourrisson : ils augmentent progressivement de la naissance jusqu’à un pic vers 6-8 semaines de vie, puis diminuent naturellement. Ce phénomène est observé dans toutes les cultures.
Plus l’enfant grandit, plus son cerveau sera à même de gérer les stimulations et moins les pleurs de décharge seront impactants. Cela dit, il est important de garder en tête que certains enfants, même plus âgés, vont avoir besoin de décharger le trop-plein de la journée en pleurant quelques minutes, avant de s’endormir par exemple. Certains enfants vont même intégrer ces pleurs de décharge dans leur stratégie de sommeil d’endormissement. C’est tout à fait normal : il est essentiel de respecter cela et de l’accompagner avec le plus de bienveillance possible.
Quand consulter un pédiatre ?
Les pleurs de décharge sont normaux, mais certains signes doivent vous alerter et justifient une consultation médicale :
Appelez votre pédiatre si votre bébé pleure de manière excessive et prolongée (plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine, depuis plus de 3 semaines — règle des « 3 »), si les pleurs s’accompagnent de fièvre, diarrhée, vomissements ou refus de s’alimenter, si votre bébé semble avoir mal de manière récurrente (dos arqué, visage crispé, réveils brutaux pouvant évoquer un reflux gastro-œsophagien), ou si vous observez un ralentissement de la courbe de poids.
Contactez systématiquement votre médecin si votre bébé de moins de 3 mois a de la fièvre (38°C ou plus). Pour les enfants plus grands, consultez rapidement si la fièvre dépasse 40°C, si elle dure plus de 24 heures chez un enfant de moins de 2 ans, ou si l’état général de votre enfant vous inquiète (apathie, refus de boire, somnolence excessive).
Si les pleurs de votre bébé vous inquiètent ou vous submergent, une consultation personnalisée avec une consultante Fée Dodo peut vous aider à comprendre ce qui se joue et à retrouver de la sérénité.
Contenu validé par nos professionnelles de santé : Dre Émilie Rouffle, docteure en pharmacie et consultante Fée Dodo
Article rédigé par Caroline Ferriol, spécialisée dans l’accompagnement du sommeil des bébés et des enfants
Quelle est la durée des pleurs de décharge d'un bébé ?
Comment calmer les pleurs de décharge d'un bébé ?
L’objectif n’est pas de faire cesser les pleurs de décharge à tout prix, mais d’accompagner votre bébé pendant qu’il se décharge. Installez-vous dans un endroit calme et peu éclairé, prenez votre bébé contre vous en peau à peau, parlez-lui doucement et pratiquez des respirations profondes. Vous pouvez aussi le bercer, le promener en poussette ou en porte-bébé, ou lui proposer un bain tiède. Évitez de chercher à stopper systématiquement les pleurs par la tétine ou la mise au sein — cela peut empêcher votre bébé de se libérer du trop-plein émotionnel qu’il a besoin d’évacuer. Votre présence calme et bienveillante est le meilleur outil d’apaisement.
Comment savoir si ce sont des pleurs de décharge ?
Les pleurs de décharge de bébé se distinguent par plusieurs caractéristiques : ils surviennent à des horaires réguliers, typiquement en fin de journée (entre 17 h et 22 h) ; votre bébé a mangé, sa couche est propre, il n’a visiblement pas mal — et pourtant il pleure intensément ; les pleurs sont difficiles à consoler par les moyens habituels mais finissent par s’apaiser d’eux-mêmes ; et par ailleurs, votre bébé est en bonne santé, mange bien et se développe normalement. Si les pleurs sont inhabituels, persistants tout au long de la journée, accompagnés de fièvre, de refus de s’alimenter ou de signes de douleur (dos arqué, visage crispé), consultez un professionnel de santé pour écarter une cause médicale.
Quand s'arrêtent les pleurs de décharge de bébé ?
Les pleurs de décharge touchent principalement les bébés de 0 à 6 mois. Le pic d’intensité se situe généralement vers 6 à 8 semaines de vie, puis les pleurs diminuent progressivement. Après 6 mois, le cerveau de votre bébé est plus mature et mieux à même de gérer les stimulations du quotidien, ce qui réduit naturellement la nécessité de décharger par les larmes. Cela dit, certains enfants plus âgés continuent de faire quelques minutes de pleurs de décharge avant l’endormissement — c’est une stratégie de transition vers le sommeil tout à fait normale et qui doit être respectée.









